En 2025, la FDA (Food and Drug Administration aux États-Unis) a officiellement retiré un colorant alimentaire artificiel des aliments vendus aux États-Unis (le Red No. 3, aussi appelé érythrosine), après des années de questionnements scientifiques.
Cela soulève une question simple, mais importante : devons-nous attendre que chaque colorant soit banni un à un, ou pouvons-nous choisir dès maintenant des alternatives plus simples et plus saines, surtout quand il s’agit de sucreries maison ?
À l’approche des Fêtes, les desserts, biscuits et sucreries se parent souvent de couleurs vives. Dans l’industrie alimentaire, ces teintes sont généralement obtenues à l’aide de colorants synthétiques, ajoutés uniquement pour l’apparence.
Sans être indispensables, ces additifs sont très répandus. En cuisine maison, il est pourtant possible d’obtenir de belles couleurs naturellement, à partir de plantes, d’épices et d’aliments entiers — avec un résultat souvent plus doux et plus vivant.
Les colorants industriels : de quoi parle-t-on exactement
Les colorants alimentaires artificiels sont des substances synthétiques utilisées pour donner une couleur intense et stable aux aliments transformés. Ils n’ont aucun rôle nutritionnel.
Parmi les plus courants dans les produits sucrés (bonbons, glaçages, desserts, boissons), on retrouve notamment : la tartrazine (FD&C Yellow No. 5 / E102), le Sunset Yellow (E110), l’Allura Red (E129), le Ponceau 4R (E124), la carmoisine (E122) ou encore le Brilliant Blue (Blue No. 1).
Les autorités sanitaires reconnaissent que certains colorants peuvent provoquer des réactions d’hypersensibilité ou de type allergique chez certaines personnes, notamment la tartrazine, bien que ces réactions demeurent rares dans la population générale.
Concernant les enfants, une étude largement citée (étude dite de « Southampton », publiée dans The Lancet) a observé qu’un mélange de certains colorants artificiels et de benzoate de sodium pouvait être associé à une augmentation de comportements d’hyperactivité chez certains enfants. Les autorités européennes ont par la suite jugé ces effets modestes et variables, mais suffisamment notables pour alimenter la réflexion.
En pratique, comme ces additifs n’apportent aucun bénéfice nutritionnel, plusieurs familles choisissent simplement de les éviter ou de les limiter, surtout dans des recettes maison où des alternatives naturelles existent.
Au-delà des allergies et de l’hyperactivité : autres effets potentiels étudiés
Au fil des années, la recherche s’est intéressée à d’autres effets potentiels des colorants alimentaires artificiels, au-delà des réactions allergiques ou de l’hyperactivité chez l’enfant.
Des études expérimentales et observationnelles suggèrent que certains colorants pourraient contribuer à augmenter le stress oxydatif et à activer des mécanismes pro-inflammatoires, notamment chez des personnes présentant déjà un terrain inflammatoire ou une sensibilité particulière.
D’autres travaux explorent leur impact potentiel sur le microbiote intestinal. Certains colorants synthétiques semblent capables de modifier la composition bactérienne ou de perturber la barrière intestinale dans des modèles animaux, un domaine de recherche encore émergent mais suivi de près en médecine fonctionnelle.
Les chercheurs s’intéressent également à l’effet cocktail : les colorants sont rarement consommés seuls, mais en combinaison avec des conservateurs (comme le benzoate de sodium) ou d’autres additifs, ce qui pourrait amplifier certains effets biologiques.
Enfin, certains colorants spécifiques ont soulevé des préoccupations plus sérieuses. Le Red No. 3 (érythrosine), par exemple, a été associé à des tumeurs thyroïdiennes dans des études animales. En conséquence, il a été interdit en Californie en 2023, puis retiré des aliments par la FDA aux États-Unis en 2025, alors qu’il était déjà interdit dans les cosmétiques depuis plusieurs décennies.
Ces décisions ne signifient pas que tous les colorants présentent un danger immédiat, mais elles illustrent une approche de précaution scientifique face à des additifs purement esthétiques, sans bénéfice nutritionnel.
Pourquoi privilégier des colorants naturels à la maison
Les colorants naturels proviennent de végétaux, d’épices ou de fruits. Ils offrent des teintes plus subtiles, parfois moins uniformes, mais ils ont l’avantage d’être issus d’ingrédients que l’on reconnaît.
Ils s’intègrent particulièrement bien dans les sucreries de Noël, où l’on peut jouer avec les nuances, les textures et les associations.
Les meilleures alternatives naturelles pour colorer vos sucreries
• Rouge / rose : jus ou poudre de betterave, framboise lyophilisée réduite en poudre
• Orange : curcuma (en très petite quantité)
• Jaune : curcuma dilué, annatto (roucou)
• Vert : matcha, spiruline (dose légère), jus d'épinards
• Bleu / violet : infusion de fleurs d’hibiscus, jus de bleuets, spiruline bleue
Les couleurs naturelles varient selon la concentration, la base utilisée (crème, sucre glace, chocolat) et la cuisson. Il est conseillé de tester progressivement, en petites quantités.
L’objectif n’est pas de reproduire des couleurs artificielles parfaites, mais de créer quelque chose de festif, joyeux et plus proche du vivant.
Une autre façon de célébrer
Choisir des colorants naturels, c’est souvent un petit geste. Mais c’est aussi une façon de repenser nos traditions culinaires, avec plus de conscience, de créativité et de simplicité.
Références
- U.S. FDA — How Safe Are Color Additives?
- U.S. FDA — Color Additives: Questions and Answers
- McCann et al., The Lancet (2007) — Food additives and hyperactive behaviour in children
- EFSA — Evaluation of the Southampton study
- NCBI / PubMed Central — Artificial food additives and gut microbiota
- UK Food Standards Agency — Food additives and food colours